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Hausse préoccupante des cas de syphilis au Canada

On l’associe parfois aux manuels d’histoire ou aux romans d’époque, mais la syphilis est loin d’être une relique du passé. Au Canada, elle est toujours bien présente, et elle est même en hausse marquée depuis quelques années.

Dépistage rapide des ITSS

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On l’associe parfois aux manuels d’histoire ou aux romans d’époque, mais la syphilis est loin d’être une relique du passé. Au Canada, elle est toujours bien présente, et elle est même en hausse marquée depuis quelques années. Selon les données de l’Agence de la santé publique du Canada, le nombre de cas de syphilis infectieuse a presque doublé entre 2018 et 2023, passant de 6 371 à 12 135 cas1.

Mieux connaître la syphilis et ses symptômes, c’est un pas important pour prendre soin de sa santé sexuelle et réduire les risques d’ITSS.

La syphilis, c’est quoi exactement?

La syphilis est une infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS) causée par une bactérie : Treponema pallidum.

Surnommée « la grande imitatrice », la syphilis porte bien son nom : ses symptômes peuvent ressembler à ceux de nombreuses autres infections ou même passer complètement inaperçus, ce qui complique souvent le diagnostic. Mieux comprendre comment elle se manifeste est donc essentiel pour la dépister rapidement et protéger sa santé sexuelle.

Comment se transmet-elle?

La syphilis infectieuse se transmet principalement par contact direct avec un chancre, c’est à dire une lésion ou ulcération de la peau ou d’une muqueuse. Cette transmission se produit généralement pendant les relations sexuelles, y compris :

  • sexe vaginal ou frontal;
  • sexe anal;
  • sexe oral (y compris le sexe bucco-anal ou anulingus).

La syphilis peut également être transmise par le partage de jouets sexuels ou de matériel utilisé pour s’injecter des drogues. Ces modes de transmission sont moins fréquents.

Même si une personne atteinte de syphilis ne présente aucun symptôme, elle peut tout de même transmettre l’infection.

Il est aussi important de savoir que la syphilis peut être transmise d’une personne enceinte à son bébé pendant la grossesse. On parle alors de syphilis congénitale, une infection qui peut entraîner des complications graves pour l’enfant.

Les symptômes de la syphilis

La syphilis peut facilement passer inaperçue, surtout dans ses débuts, puisque plusieurs personnes n’ont aucun symptôme visible. Lorsqu’elle n’est pas traitée, elle évolue souvent par différents tableaux cliniques, dont certains sont plus infectieux et d’autres associés à des complications tardives. On distingue trois grands ensembles : la syphilis précoce (période infectieuse)la syphilis tardive et la neurosyphilis, qui peut survenir à n’importe quel stade.

Syphilis précoce – période infectieuse

(généralement durant la première année suivant l’infection)

  • Syphilis primaire (10 à 90 jours après l’infection) : Chancre indolore au site d’inoculation (génital, anal ou oral), parfois accompagné d’adénopathies. Le chancre peut disparaître spontanément.
  • Syphilis secondaire (quelques semaines à quelques mois après l’infection) : Éruption cutanée généralisée (souvent sur les paumes et les plantes), lésions cutanéo-muqueuses, symptômes d’allure grippale, adénopathies.
  • Syphilis latente précoce (moins d’un an) : Absence de symptômes, avec possibilité de récidive des manifestations secondaires. L’infection demeure transmissible.

Syphilis tardive

(infection de plus d’un an)

  • Syphilis latente tardive ou de durée indéterminée : Asymptomatique, avec un risque de transmission faible.
  • Syphilis tertiaire (5 à 40 ans après l’infection) : Complications cardiovasculaires, lésions destructrices de la peau ou des os, et atteintes neurologiques.

Neurosyphilis

La neurosyphilis peut apparaître à tout moment de l’infection et toucher le cerveau ou le système nerveux, entraînant des troubles visuels ou auditifs, des atteintes cognitives, une paralysie ou une méningite.

Il est important de noter qu’une infection à syphilis peut augmenter le risque d’être infecté·e et de transmettre le VIH.

La syphilis aujourd’hui

Au Canada, la syphilis connaît une hausse marquée. Selon un rapport de l’Agence de la santé publique du Canada2, le nombre de cas de syphilis infectieuse a presque doublé entre 2018 et 2023, soulignant l’importance du dépistage et de la prévention.

Faits saillants : 2023 au Canada

  • Les hommes représentent toujours la majorité des cas déclarés, soit 64 % des infections
  • Chez les hommes, les 30 à 39 ans affichent le taux d’incidence le plus élevé
  • Depuis 2018, le taux d’incidence chez les femmes a triplé
  • Chez les femmes, les 20 à 29 ans sont les plus touchées, représentant 40 % des cas féminins
  • L’augmentation des cas est plus rapide dans la population non gbHARSAH que dans la population gbHARSAH (hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes), avec une hausse de 177 % comparativement à 2 %

Augmentation alarmante dans la ville de Québec

La montée des cas de syphilis ne se limite pas au plan national : la ville de Québec en ressent les effets de manière particulièrement marquée.

Selon la Direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale, le taux d’incidence en 2025 atteint 21,4 cas pour 100 000 habitants, plaçant la région au troisième rang provincial et bien au-dessus de la moyenne québécoise de 13,0 cas pour 100 0003.

La DSP du CIUSSS de la Capitale-Nationale met en garde : 2025 pourrait bien battre un nouveau record pour le nombre de cas déclarés.

Pourquoi la syphilis revient : les défis de prévention

Plusieurs raisons expliquent pourquoi la syphilis est en forte hausse au Canada.

  • Dépistage insuffisant : certaines personnes infectées ne se font pas dépister, surtout si elles n’ont pas de symptômes visibles (on le rappelle, la syphilis peut rester silencieuse longtemps).
  • Sensibilisation limitée : l’éducation sexuelle et l’information sur la prévention des ITSS, notamment la syphilis, demeurent inégales, ce qui réduit la capacité à reconnaître les risques et à se protéger
  • Accès aux soins : les inégalités régionales et socio-économiques limitent l’accès aux services de santé, particulièrement dans les populations marginalisées.
  • Réinfection : même après traitement, il est tout à fait possible d’attraper à nouveau la syphilis si on est exposé.

Dépistage de la syphilis : ce que vous devez savoir

Comme la majorité des ITSS, la syphilis peut passer inaperçue. C’est pourquoi on recommande un dépistage régulier, même quand tout va bien et qu’il n’y a aucun symptôme.

Chez Prelib, le dépistage de la syphilis se fait par une prise de sang.

Il est important de tenir compte de la période fenêtre lors d’un dépistage d’ITSS, c’est à dire le délai après une exposition pendant lequel une infection peut être présente, mais non détectable. On recommande un test de contrôle à la fin de la période fenêtre pour confirmer le résultat précédent. Pour la syphilis, cette période peut s’étendre jusqu’à 12 semaines.

Si vous présentez des symptômes (par exemple un chancre), il est recommandé de consulter en personne, puisque l’évaluation physique est importante pour bien orienter la prise en charge.

Comment la syphilis est traitée

La syphilis se traite avec des antibiotiques, le plus souvent sous forme injectable. Dans la majorité des cas, une seule injection suffit, mais certaines situations peuvent nécessiter un traitement plus long. Un suivi clinique et sérologique régulier est essentiel pour mesurer la réponse au traitement et interpréter adéquatement les résultats des tests effectués par la suite.

Le traitement est offert gratuitement à la personne infectée et à ses partenaires, dans le cadre du Programme de gratuité des médicaments pour le traitement des infections transmissibles sexuellement.

Se protéger contre une réinfection par la syphilis

Même après un traitement complété, il est possible de contracter de nouveau la syphilis si une nouvelle exposition survient.

Pour limiter les risques de réinfection et de transmission, il est important d’aviser les partenaires sexuels qui pourraient avoir été exposés. La durée de rétroaction à utiliser dépend du stade de l’infection. Le tableau suivant indique, pour chaque stade, la période à couvrir pour identifier les partenaires à informer.

Stratégies de prévention de la syphilis

Dans le contexte actuel, la prévention joue un rôle essentiel pour freiner la hausse des cas de syphilis. Le meilleur moyen de protection demeure l’utilisation du condom, peu importe le type de rapport sexuel. Comme il est possible d’être infecté·e sans le savoir, un dépistage de routine est recommandé pour toute personne célibataire sexuellement active, particulièrement en présence de nouveaux partenaires ou lors de relations sexuelles non protégées.

En complément à ces mesures, il existe un outil de prévention additionnel pour certaines personnes à risque : la doxy-PPE (Doxycycline Prophylaxie Post-Exposition). Lorsqu’elle est prise dans les 72 heures suivant suivant une exposition à risque, la doxy-PPE peut réduire la transmission de la syphilis de jusqu’à 70%4.

  1. L’Agence de la santé publique du Canada (2025, février). https://www.canada.ca/fr/services/sante/campagnes/syphilis.html ↩︎
  2. L’Agence de la santé publique du Canada (2025, février). https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/rapports-publications/releve-maladies-transmissibles-canada-rmtc/numero-mensuel/2025-51/numero-2-3-fevrier-mars-2025/syphilis-infectieuse-congenitale-2023.html ↩︎
  3. Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (2025, novembre). https://www.ciusss-capitalenationale.gouv.qc.ca/actualites/Hausse-syphili-infectieuse ↩︎
  4. Institut national de santé publique du Québec (2025, mars). https://www.inspq.qc.ca/espace-itss/doxycycline ↩︎

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